Resident Evil 9 ou Resident Evil Requiem est enfin sorti sur toutes les consoles actuelles ce vendredi 27 février. Attendu au tournant suite aux deux épisodes précédents qui n’ont pas convaincu tout le monde, ce nouveau volet s’émancipe de ses deux prédécesseurs. Au revoir Ethan Winters, au revoir Mia, au revoir Rose et au revoir Chris Redfield. Place à Grace Ashcroft et au retour tant espéré de Leon S. Kennedy. J’ai pu me procurer le jeu dès le jour de sa sortie, non sans mal car dans ma campagne les magasins qui vendent des jeux ne sont pas légion. Voici donc mon test de ce Resident Evil Requiem, accompagné de quelques screens du jeu. Spoilers garantis dans ce test.

RETOUR DANS LE PASSÉ

Avant d’attaquer ce test je vais brièvement revenir sur mon rapport à cette saga culte. Ce qui permettra de mieux contextualiser et vous comprendrez mon ressenti sur ce neuvième opus. J’ai découvert Resident Evil en 1996 via les magazines de jeux vidéo de l’époque. Je possédais la PlayStation depuis peu et cette console a changé mon rapport aux jeux vidéo. Alors âgé de seulement 12 ans, j’ai pourtant compris que ce medium était en train d’évoluer et que cette fameuse PlayStation était en train de révolutionner le jeu vidéo. N’y allons pas par quatre chemins, Resident Evil fut une véritable claque et reste, à ce jour, mon épisode préféré de la saga. Puis en 1998, Resident Evil 2 m’a également bouleversé. Resident Evil Nemesis a enfoncé le clou un an plus tard, épisode souvent moins apprécié que j’hésite parfois à placer à la première position si je devais faire un top. Je confesse néanmoins que je n’ai jamais joué aux épisodes spin-off, pour des raisons personnelles il me fut impossible d’y jouer à l’époque et je n’ai pas pris la peine de m’y mettre plus tard. Cependant, j’ai fait tous les « épisodes numérotés » et, pour la plupart, dès le jour de leur sortie. Je me revois gamin en train de lire les magazines qui proposaient leur test des Resident Evil, bavant sur les artworks de ces personnages devenus cultes. Je respirais Resident Evil, je rêvais de Resident Evil, je dessinais du Resident Evil. Si je ne pouvais pas acheter un magazine, je m’arrangeais pour le feuilleter dans la librairie de mon quartier, laissant chaque artwork, chaque capture d’écran, nourrir ma passion pour cette saga.

Après un épisode 4 furieux qui prenait un virage radical, changeant notre approche de la licence, j’ai été déçu de l’épisode 5 et encore plus du 6 malgré un gameplay qui, il faut le reconnaître, permettait tout de même de s’amuser manette en main. Cependant, je dois admettre que je n’ai plus rejoué aux épisodes 5 et 6, que je ne porte pas dans mon cœur. Resident Evil 7 pointait alors le bout de son nez sur PlayStation 4 et Xbox One avec, disait-on, un retour au côté horrifique qui s’était quelque peu perdu en chemin. J’y ai joué bien après sa sortie, appréciant la première partie du jeu pour ensuite sentir une certaine lassitude au fur et à mesure de ma progression dans l’aventure. Resident Evil 8 ou Resident Evil Village lorgnait sur le succès de Resident Evil 4 dont on annonçait un remake et proposait de suivre la suite des pérégrinations d’Ethan et de sa femme Mia, mais aussi de leur fille, Rose, dans un DLC. Comme pour l’épisode 7, j’ai aimé la première moitié avant d’être déçu par la seconde. Après les épisodes 5 et 6 que je n’ai pas aimés puis les épisodes 7 et 8 qui m’ont laissé sur ma faim, j’ai peu à peu perdu espoir d’être de nouveau frappé par un Resident Evil et un certain désintérêt pour cette saga était en train de naître en moi. J’ai suivi l’actualité autour de ce neuvième opus puis, au fil des différents trailers et des news, je me suis dit « alors peut-être que je vais tenter l’aventure. » Les promesses de continuer de surfer sur l’horreur et, surtout, le retour teasé à Raccoon City, au moins pour une partie de l’aventure, m’ont convaincu de lui donner sa chance sans y aller à reculons.

Vous l’aurez compris, si au fil des années Resident Evil m’a parfois déçu, j’ai néanmoins un amour inconditionnel pour cette licence. Il m’était impossible de passer à côté de ce Resident Evil Requiem. L’infâme Ethan Winters enfin évincé, l’espoir de jouer à un nouvel opus qui allait enfin me convaincre grandissait. J’ai donc acheté ce Resident Evil 9 le jour de sa sortie et voici ce que j’en ai pensé.

L’HISTOIRE DE RE 9 ET DE SES PERSONNAGES

Des cadavres sont découverts à Wrenwood, une ville des Etats-Unis. Ils portent tous d’étranges marques. Le FBI, alerté par ces crimes, dépêche l’analyste Grace Ashcroft qui doit alors enquêter sur ces meurtres dans un lieu qu’elle ne connaît que trop bien, l’hôtel de Wrenwood, où sa mère fut assassinée quelques années plus tôt. Grace doit donc surmonter son traumatisme pour se lancer dans une enquête qui l’amènera à vivre une aventure horrifique, essayant par tous les moyens de sauver une étrange enfant enfermée, Emily. Elle sera épaulée par Leon S. Kennedy qui enquête lui aussi sur les meurtres de Wrenwood et qui croisera la route de Grace. Les deux protagonistes chercheront le pardon, la rédemption, et à sauver coûte que coûte ce qui peut être sauvé, et surtout ceux qui peuvent être sauvés.

La franchise Resident Evil a toujours traîné avec elle le côté nanardesque de ses scénarios et ce Requiem ne fait pas exception même si, pour la première fois depuis longtemps, j’ai parfois pris son histoire plus au sérieux. Bien sûr, vous aurez droit à des moments décalés à la japonaise mais ce Resident Evil est plein de surprises, à commencer par son histoire et surtout celle de ses personnages. Grace Ashcroft, fille de Alyssa Ashcroft (personnage jouable de Resident Evil : Outbreak) décédée à l’hôtel de Wrenwood 8 ans avant les événements de RE 9. Alyssa était une survivante de la catastrophe de Raccoon City de 1998 et une journaliste d’investigation, un de ses articles apparaît dans Resident Evil 7. Grace, fortement marquée par le décès de sa mère et de n’avoir rien pu faire pour la sauver, portera ce lourd fardeau sur ses épaules tout au long de son aventure. Imprégnée par l’envie et le besoin de réussir à sauver quelqu’un, elle mettra tout en œuvre pour secourir une fillette aveugle prénommée Emily, retenue captive dans une petite salle fermée et collée à la salle de sauvegarde.

De l’autre côté, RE 9 nous offre le retour de Leon S Kennedy, lui aussi survivant de la catastrophe de Raccoon City de 98 et bien plus, si vous avez suivi ses aventures après le cultissime Resident Evil 2. Leon porte lui aussi un traumatisme suite aux événements survenus à Racoon City. On comprend au fil de son aventure qu’il est fortement marqué par son passé. On comprendra qu’il se sent responsable de n’avoir rien pu faire pour stopper la catastrophe de Raccoon. La mort de Marvin Branagh, notamment, le hante. Leon Kennedy est infecté par le Virus T qui dormait en lui et qui a commencé à se manifester par des taches noires sur son corps, notamment son cou et ses mains. Conséquence de son passage à Raccoon City. Il est épaulé par Sherry Birkin, elle aussi infectée. Ces deux personnages traumatisés traîneront leur fardeau au fil de votre aventure. Ils chercheront tant bien que mal à sauver ce qui peut l’être.

Quant aux antagonistes, nous nous attarderons ici sur le principal, à savoir Victor Gideon. Ancien chercheur pour Umbrella qui a travaillé sur le Projet Tyran, le Professeur Gideon a quitté l’organisation après 2003 pour rejoindre The Connections. Une organisation obscure qui vend des armes biologiques. Il est persuadé que Grace Ashcroft est la clé, ou l’élue, qui permettra la libération d’Elpis, un virus fabriqué par Ozwell Spencer en personne et dissimulé sous Raccoon City dans un complexe secret nommé l’ARK. L’histoire tourne principalement autour de ce fameux nouveau virus introduit dans Resident Evil Requiem, Elpis, qui offrira d’ailleurs un joli twist à la fin de l’aventure.

Le scénario de ce RE 9 recolle les morceaux et connecte toutes les histoires depuis Resident Evil premier du nom. De nombreuses références sont disséminées ici et là et vous les découvrirez au fil de votre aventure. Ce fut, pour ma part, un vrai plaisir de se reconnecter à Umbrella et à Spencer. D’ailleurs, la première partie du jeu se passe au Rhodes Hill Chronic Care, un centre médical racheté par Victor Gideon, et son architecture ainsi que les énigmes que l’on y trouve ne sont pas sans rappeler le Manoir Spencer. L’histoire complète de Resident Evil est plutôt nébuleuse. Il peut être difficile de tout reconnecter et de comprendre ce Tout, encore plus depuis RE 7 et RE 8 qui avaient, chez moi, quelque peu semé la confusion. Requiem rassemble selon moi brillamment toutes les pièces du puzzle si vous étiez un peu perdu concernant l’histoire de Resident Evil. Il vous faudra néanmoins vous impliquer un minimum, comme l’exige chaque jeu de cette licence, en lisant les nombreux documents que vous trouverez en chemin. Et vous devrez également être attentif lors des cinématiques.

A mon sens, l’histoire est bonne, voire très bonne. J’ai aimé le duo Grace/Leon. J’aurais néanmoins apprécié qu’ils se croisent un peu plus, ce qui arrivera durant votre progression, mais trop peu à mon goût. Les deux personnages feront véritablement équipe lors du dernier acte. Ce léger manque pourrait déranger certains joueurs. En effet, difficile de trouver le lien qui unit Grace et Leon crédible si ceux-ci ne se croisent que trop peu, mais ce lien est à mon sens justifié par leur envie respective et quasi vitale de sauver ce qui peut l’être, ou ceux qui peuvent l’être.

Resident Evil Requiem verse dans la nostalgie. Si vous êtes joueur depuis le premier opus, vous serez certainement ravi de son histoire mais aussi, et surtout, du dernier acte qui nous emmène à Raccoon City. Déjà fortement impliqué en tant que joueur mais aussi émotionnellement parlant depuis les premières minutes de ce RE 9, ce dernier acte a fini de me convaincre. J’avais peur de ce retour à Raccoon City. Peur que Capcom en fasse trop en tirant sur la corde nostalgique. Mais il n’en est rien. Tout en douceur et en subtilité, Capcom fera appel à nos souvenirs sans agiter le drapeau de la nostalgie sous nos yeux. Les souvenirs viendront d’eux-mêmes, même si, évidemment, quelques références sympathiques seront trouvables au commissariat de Raccoon City. Le simple fait de retrouver ce commissariat en ruine et de pouvoir à nouveau l’arpenter m’a comblé de bonheur. Raccoon City a été balayée par un missile, la ville est une gigantesque ruine. Une ville abîmée qui sera visitable avec Leon, lui aussi abîmé par son Histoire et par le Virus T. Joli miroir.

Le twist final que je ne dévoilerai pas ici a réussi à me surprendre. Je n’ai jamais senti la chose venir. En définitive, l’histoire de Resident Evil Requiem m’a plus que beaucoup plu et j’ai relancé une nouvelle partie pour la vivre une nouvelle fois, au-delà de l’envie de débloquer les différents objets bonus.

GRAPHISMES ET ENVIRONNEMENTS

Magnigique, n'est-ce pas ?

Comme précisé en haut de ce test, j’ai joué à Resident Evil Requiem sur Xbox Series X dans d’excellentes conditions. La meilleure version serait la version PC (si vous avez une bonne voire une très bonne machine), suivie par la version PS5 Pro. Cependant, je peux vous dire que la Series X en a sous le capot. Le jeu est tout simplement magnifique. Les éclairages sont splendides, je n’ai eu que très peu d’aliasing ni de textures qui pop soudainement. L’optimisation est aux petits oignons et la fluidité n’est jamais impactée. En bref, Requiem est sauvagement beau, même sur Series X.

Pas de Resident Evil sans des environnements qui marquent. Le travail des designers est ici excellent, surtout lors de l’introduction du jeu lorsque nous contrôlons Grace dans Wrenwood dans ce que l’on pourrait appeler « les money shots » du jeu. Le souci du détail apporté à ces zones est impressionnant. Le Rhodes Hill Chronic Care nous rappelle quelque peu le Manoir Spencer. Son design est très bon, c’est un plaisir de le parcourir et de débloquer les différentes salles. Resident Evil s’appuyait beaucoup sur l’excitation de découvrir de nouvelles pièces une fois une clé obtenue. J’ai à nouveau ressenti la même chose en explorant le Rhodes Hill Chronic Care. Les sous-sols sont également très détaillés, Raccoon City est dévastée mais il ne sera pas compliqué de reconnaître certains lieux et mention spéciale pour l’ARK dont certaines salles m’ont bluffé par leur design.

Quand tu veux aller aux toilettes mais que la propreté du lieu te pose question.

GAMEPLAY, LA BELLE ET LA BÊTE

Ce n’est un secret pour personne, deux gameplays sont proposés dans ce Resident Evil Requiem. L’un est plus axé sur la survie et la discrétion, celui de Grace. Quand l’autre, celui de Leon, vous propose de vous défouler avec un arsenal digne de ce nom. Deux approches différentes dans un même jeu. Cependant, il faut être honnête, vous pourrez tout de même faire parler la poudre avec Grace mais il est vrai que les balles seront rares et que vous devrez réfléchir avant d’agir sous peine de mourir à répétition suite à de mauvaises décisions. Resident Evil a toujours su nous mettre face à l’horreur tout en nous donnant de quoi y faire face. Que ce soit avec des armes ou la possibilité d’esquiver le combat une fois que l’on se sent assez confiant pour passer dans un couloir étroit en évitant un zombie, vous pourrez faire face à cette peur et au danger. J’ai passé du temps à observer les différents monstres de ce nouvel opus afin de comprendre leurs mouvements, ce qui permet à terme de mieux appréhender une situation et donc de comment l’aborder. La fabrication de munitions, apparue en 1999 avec Resident Evil 3, est bien présente mais d’une manière étonnante qui a, il faut le dire, un peu de mal à me convaincre. Pour des munitions de pistolet par exemple, il vous faudra combiner de la ferraille et du sang que vous pourrez récupérer avec un collecteur lorsque vous évoluerez avec Grace. Avec Leon, la chose sera plus classique puisqu’il vous faudra trouver de la poudre.

Vous serez régulièrement harcelé par des monstres qui ne veulent pas vous lâcher, comme La Fille, le Cuisinier ou encore le grotesque Chunk, chose obèse et difforme qui profère des obscénités quand vous le croisez. Ici aussi il vous suffira de bien observer leurs trajectoires en vous cachant, afin de réussir à vous frayer un chemin vers votre objectif. Ce n’est pas si difficile et, je le répète, Resident Evil nous a toujours permis de surmonter notre peur, l’une des clés pour y parvenir est de comprendre votre ennemi, Resident Evil Requiem ne déroge pas à cette règle.

Ainsi, le gameplay de Grace est plus tourné vers la survie et la réflexion, vous forçant à mettre des plans en place afin de progresser. Et le gameplay de Leon vous propose littéralement de tout faire péter. Parfaitement raccord avec un Leon au bout du rouleau qui souhaite en finir avec ces histoires. Ajoutons que Grace n’est pas très habile arme en main, mais vous pourrez augmenter sa compétence aux tirs en vous injectant une solution déblocable avec des jetons ou en la craftant. Des objets vous permettront également de mieux résister aux attaques que vous subissez, ou à augmenter les chances de causer des dégâts critiques aux ennemis. Certains s’avèrent particulièrement coriaces et vous serez parfois obligé d’opter pour la confrontation lors de certaines situations et le fameux Requiem, sorte de gros Magnum que Leon donne à Grace au début de l’aventure, vous sera d’une grande aide si vous avez stocké assez de balles, munitions qui sont rares et que vous pourrez crafter.

Grace aura accès à un coffre, comme dans la plupart des RE, dans lequel elle pourra stocker ses objets puisque son inventaire est limité. Vous pourrez augmenter sa capacité de stockage en trouvant des sacoches, mais il vous faudra tout de même bien choisir ce que vous voulez emporter avec vous sinon vous serez obligé de retourner à votre coffre pour stocker ce qui vous empêche de progresser et/ou de prendre l’objet que vous avez oublié. Ce qui nous ramène à l’essence même de Resident Evil, à savoir la gestion de l’inventaire. Leon, quant à lui, n’aura pas accès à ce coffre mais à une caisse de ravitaillement qui vous permettra d’acheter et de vendre des armes, mais aussi de les améliorer avec des points gagnés en éliminant des ennemis, mais nous reviendrons sur cette mécanique plus tard. Cependant, impossible de stocker des objets, ce qui n’est pas un problème puisque Leon peut transporter beaucoup plus d’objets que Grace. Grace offre une certaine restriction, Leon offre la liberté.

Parlons maintenant de cette mécanique qui concerne Leon, à savoir la collecte de points d’élimination qui vous permet d’accéder à un meilleur arsenal dans la caisse de ravitaillement. Je ne suis pas fan, je dois l’admettre et vous devrez forcément y passer. On s’y fait à force de le jouer, surtout qu’une grande partie de l’aventure vous permettra d’incarner ce personnage iconique, mais elle crée une véritable rupture dans le gameplay et la structure du jeu. Même si les deux approches sont différentes, cette mécanique m’a parfois sorti de mon immersion. Heureusement, le moment où nous contrôlons le plus Leon se passe dans Raccoon City, les émotions liées à son passage dans cette ville culte m’ont permis de ne pas décrocher mais je dois cependant avouer que ce système n’est pas ce que je préfère. Pire, je ne l’aime pas, même si j’ai tout de même pris un malin plaisir à améliorer mes armes.

Pour évoluer dans le monde de Resident Evil 9, Capcom a fait du classique qui marche toujours 30 ans après le premier opus. Vous devrez trouver des clés ou autres objets qui vous permettront d’ouvrir des portes pour passer à la zone suivante, etc. Je me suis surpris à sourire à chaque fois que je croisais un ascenseur ou une porte alimentée par du courant puisque la fameuse phrase « il n’y a pas de courant » si présente dans la saga reviendra vous hanter. Et c’est bien ici que Capcom a réussi à me garder tout au long de mon aventure. J’étais à la maison, dans mes petites pantoufles. Même si beaucoup de nouvelles choses ont été ajoutées, d’une certaine manière, je connais ce jeu et je sais parfois à l’avance ce que je vais devoir faire. Resident Evil Requiem est une sorte de gros patchwork des Resident Evil précédents, parfois pas toujours subtil mais fait avec le cœur, généreux et respectueux de la licence, respectueux de ses fans.

L’HORREUR ET LE BESTIAIRE

Pas de Resident Evil sans horreur et sans un bestiaire fourni, ce qui a parfois fait défaut, surtout dans l’épisode 7 qui offrait un bestiaire d’une pauvreté affligeante. Sachez que le bestiaire de ce neuvième opus n’est pas si large que ça mais le travail et le souci du détail apportés à ces quelques monstres est si bon qu’il suffit à Requiem. Vous aurez droit d’affronter des monstres iconiques de la saga comme les Lickers, une araignée géante et des plantes. La présence des Lickers est en plus parfaitement justifiée par l’endroit que vous explorerez et par le scénario. Il est impossible de mettre de côté l’aspect fan service de cette présence, mais la justification tient parfaitement la route et j’ai pris un malin plaisir à dézinguer du Licker avec nos deux personnages.

Les zombies. Ah, les zombies ! Leur retour était tellement souhaité par une grosse partie des fans même si le lore de Resident Evil justifiait leur disparition. Il est évident que Capcom ont eu vent de cette envie des fans et qu’ils ont écouté. Les zombies sont donc de retour dans cet opus, mais ils ont changé, pour le meilleur selon moi. Vous avez certainement lu ou vu que ceux-ci sont nouvellement infectés et donc qu’ils conservent une certaine part d’humanité en eux qui leur permet de parler, de pousser la chansonnette et même de nous insulter. Certains continuent d’effectuer leurs taches de manière chaotique. En réalité, plus que nouvellement infectés, c’est surtout le virus qui les contamine qui rend ces choses possibles, une mutation du Virus T. Quel plaisir de voir ces zombies parler ou effectuer des taches auxquelles on ne s’attend pas, amenant une ambiance tordue et une peur palpable lors de certaines rencontres. Ils sont aussi plus imprévisibles et violents que par le passé, grâce à la possibilité de « parler » mais aussi parce que certains ont une arme qui peuvent vous causer de sacrés dégâts.

Le bestiaire de Requiem, parfois grotesque mais cohérent avec la saga, est à mon sens parfait. Entre nouveautés et nostalgie bien placée. Les différentes approches pour s’en débarrasser sont les bienvenues. C’est une des grandes réussites de ce neuvième opus.

CONCLUSION

La culture de l’instant pousse souvent à faire l’erreur de surnoter un jeu ou à donner un verdict à la hâte. Il m’est arrivé d’y succomber. N’y allons pas par quatre chemins, j’ai beaucoup aimé Resident Evil Requiem. Je le place loin, très loin devant les opus 5, 6, 7 et 8. Pour autant et malgré la hype qui entoure la sortie de ce Resident Evil Requiem je dois, dans un souci d’honnêteté et de cohérence, donner un verdict qui reflète mon avis global de ce jeu tant attendu. Oui j’ai aimé Resident Evil 9. Cela fait bien longtemps, si l’on met de côté le remake de Resident Evil 4, que je n’avais plus eu envie de relancer un jeu pour le faire dans tous les modes de difficulté et de débloquer tous les objets. La rejouabilité d’un Resident Evil est primordiale car une aventure de cette licence est assez courte. Donner envie de relancer un RE pour le poutrer est donc absolument obligatoire. J’avais perdu cette envie. Mêmes les remakes plutôt fades de Resident Evil 2 et 3 ne m’ont pas redonné envie de les relancer pour les faire à 100 % et ne parlons pas des opus 7 et 8. J’avais, je dois le reconnaître, perdu espoir en Capcom quant à leurs capacités à relancer une saga qui s’essoufflait. Resident Evil Requiem a balayé tout ça, j’ai envie de relancer le jeu et sa rejouabilité est pour moi un point central.

Ce sentiment de satisfaction ne m’empêche cependant pas de noter des choses qui m’ont déplu. La plus évidente à mes yeux est la partie de Leon dans Raccoon City, avant que l’on accède au centre-ville. J’ai eu l’impression de jouer à un autre jeu et, même si je n’ai pas détesté cette section, elle est si différente du début de la première moitié du jeu que l’impression de jouer à autre chose m’a sorti de mon expérience. Impression réparée une fois que l’on accède au centre-ville de Raccoon, au commissariat puis à l’ARK, mais je suis obligé de pointer du doigt ce qui est à mon sens un défaut du jeu. Oui, incarner ce Leon est jouissif et son histoire est touchante, encore plus quand on se rend au RPD, mais l’expérience est trop radicalement différente lors de la première moitié de notre visite de Raccoon City. Elle crée une cassure nette et regrettable entre la première partie du jeu et le début de la seconde. Fort heureusement et comme je l’évoquais juste avant, Resident Evil Requiem se rattrape avec la seconde partie de l’exploration de Raccoon et du complexe ARK qui offre un final en apothéose. Je n’ai pas été convaincu par le système de craft de Grace. Il est curieux et difficile à accepter mais néanmoins nécessaire pour avancer et se défendre. Autre défaut à mes yeux, la plutôt courte séquence durant laquelle nous incarnons une enfant dans un lieu désormais bien connu depuis le remake de Resident Evil 2. Certes, l’horreur fonctionne, mais j’ai trouvé cette partie ennuyeuse et elle casse le rythme du jeu.

Resident Evil Requiem a le bon goût de ne pas nous plonger tout le temps dans le noir. Evidemment, vous traverserez des endroits sombres et il vous faudra vous éclairer à l’aide de votre lampe torche ou allumer la lumière pour y voir quelque chose (notamment lors de votre passage dans les bas-fonds pour délivrer Emily, passage que j’ai réussi sans trop de difficulté mais que je n’ai pas particulièrement apprécié), mais vous arpenterez également beaucoup d’endroits éclairés, à l’image du Manoir Spencer dans le Resident Evil de 1996 qui était lumineux et coloré. Ce juste équilibre est appréciable, il prouve qu’il n’est pas obligatoire de nous plonger dans la pénombre pour nous effrayer.

Malgré ses défauts, Resident Evil Requiem a réussi le joli tour de force de me reconnecter à la saga. Fan depuis 1996, mon intérêt pour la licence s’était quelque peu dilué, surtout avec les épisode 7 et 8. Requiem a si bien fait le travail que j’ai décidé de me refaire tous les RE, depuis le premier sorti en 1996. Parallèlement, j’ai relancé une deuxième partie sur ce neuvième épisode car il reste un opus solide et une belle lettre d’amour aux fans, même si quelque peu tâchée. Je vous proposerai prochainement un classement des Resident Evil numérotés et je réfléchis encore à la place qu’occupera ce neuvième opus.

Resident Evil Requiem deviendra certainement un épisode incontournable de la licence. Malgré ses indéniables qualités et le fait qu’il excelle parfois pour côtoyer ce qui se fait de mieux dans les Resident Evil, ses défauts m’empêchent de lui donner une note plus haute. Mais j’ai beaucoup aimé ce Resident Evil Requiem et, d’ailleurs, je termine de rédiger ces quelques mots et j’y retourne. Merci Capcom.

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